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Monday, 16 July 2018

Mais où sont passés les (bons) livres pour bébé ?

J’ai récemment cherché à compléter notre collection de livres pour tout petits (pour l’anniversaire de Mathilde – le reste de la famille en a assez que je ne leur donne que des idées de livres pour les anniversaires de mes enfants, du coup je suis obligée de les acheter moi-même, ma vie est clairement un enfer). 


Plein de livres!

J’ai trouvé plein de choses fantastiques (voir ici pour les meilleurs livres pour tout petits), mais j’ai bien dû me rendre à l’évidence, en français, il n’y avait rien de rien.




Alors, c’est sûr, je suis un peu difficile. Je cherche des livres très simples, avec des illustrations captivantes (jolies c’est mieux, mais intéressantes suffit), je ne veux pas juste une liste de mots sans dialogue, ni une histoire complexe. Juste des phrases qui font plaisir à lire (poétiques, super, mais rigolotes c’est très bien aussi), des répétitions ou des rimes pour aider le tout petit à remarquer les mots et puis quelque chose d’intéressant, pour que je survive aux huit mille inévitables relectures.

Les anglophones font ça très bien. Les francophones, franchement moins. 

C’est une vraie perte je trouve, parce que moi j’adore la façon dont les Anglais utilisent les nonsense poems, tous ces textes qui ont pour but de faire rire et/ou simplement d’encourager la dégustation des mots (la longue tradition des Lewis Caroll, Hilaire Belloc ou Spike Milligan) et à mon avis ça commence là, dans les jolis livres pour tout petits. Qui sont bien plus une préparation pour une vie passée à apprécier les livres que les livres qu’on voit partout, à tirettes, roulettes ou petites-puces-qui-font-de-la-musique. Parce que souvent le but de ces livres gadgets (qui ont plein d’avantages, hein, on est d’accord !) c’est de laisser l’enfant tout seul avec le livre. Des livres-jouets donc.

Où sont les livres qu’on lit avec son petit, pour partager ensemble le plaisir des mots ?

Dans toute ma collection (et j’ai une grande collection – j’ai un petit problème avec les livres pour enfants) j’ai réussi à en trouver trois qui correspondent à mes exigences. Et qui ne sont pas du tout au niveau de mes préférés en anglais. Ça fait pas beaucoup. Donc allez ! Auteurs ! Un petit effort !

Tutti Frutti – Modeste Madoré



Mes parents ont ramené ce livre de la Réunion et ça a été le premier livre auquel Jude a accroché. Une façon très mignonne d’introduire en même temps les noms des fruits et des expressions idiomatiques, avec en plus de jolies images pleines de détails.

Les Orteils n’ont pas de Nom - Jean Leroy



Un autre gros succès, jouant sur la répétition et un façon plus intéressante d’introduire du vocabulaire qu’un énième livre-liste.

La Moustache d’Eustache- Sandra Solinet



Simple et joli. L’idée est très sympa, même si encore une fois, on est très loin du niveau des anglais.

Mention Spéciale 1 : Limite bébé/ plus grand

Deux TRES jolis livres en ce qui concerne les illustrations, mais qui sont des traductions du japonais, donc la langue n’y est pas franchement remarquable, ce qui pousse leur intérêt vers les plus grands, puisque l’histoire prend le devant sur les mots.

La Pomme Rouge – Kazuo Iwamura



Légèrement plus simple que ses autres classiques (la série « La famille souris » est et reste un énorme succès chez nous) avec des dessins magnifiques, mais je ne l’ai pas vu en cartonné, ce qui rend la lecture avec les tout-petits plus difficile et ils ont moins accroché.

Bloub-Bloub-Bloub –Yuichi Kasano



Un livre mignon et rigolo, mais la traduction (ou l’original ?) rend le langage un peu maladroit et inutilement compliqué. Et encore une fois, je ne l’ai vu qu’en tout petit format, clairement conçu avec des apprentis-lecteurs en tête plutôt que de très jeunes enfants

Mention Spéciale 2 :

Deux livres avec des concepts rigolos, mais avec un petit bémol

Un Livre – Hervé Tullet



Mes garçons aiment beaucoup, mais le concept est ici largement plus important qu’une histoire, que les images ou que les mots. Limite livre-jouet donc.
Hervé Tullet a en plus l’air d’avoir décliné l’idée en 48 versions, ce qui m’agace toujours un peu.

Mes Petits Bobos - Mathilde Cabanas



Un concept mignon, mais les dessins n’ont pas grand intérêt, et encore une fois, c’est un livre tout petit, donc pas idéal.

NB : Je ne parle ici que de livres pour tout petits, les 0-2/3 ans, j’ai (et j’adore !) plein de livres en français pour les plus grands.

NBB : J’ai le même avec les poèmes pour enfants. Tout ce que j’ai trouvé en français était niais alors que j’ai un livre entier de petites perles en anglais. Du coup pour les poèmes à apprendre pour Morning Time, on est passé directement aux classiques.

NBBB : On refuse de lire en français des choses qui ont été écrites en anglais à l’origine, ce qui nous limite aussi, bien évidemment.

NBBBB: (cet étrange systeme que je viens d'inventer pour ajouter des notes en fin de page n'a aucun sens) si vous avez des livres a me conseiller qui remplissent mon énorme cahier des charges, n'hésitez SURTOUT PAS!!! Sharing is caring.

Monday, 9 July 2018

Bilan de la Première Année IEF

For the version in English, click here.

Un peu par accident et un peu par enthousiasme, cette année s’est trouvée être notre première année d’école à la maison (ou IEF, comme disent les Français du milieu). 

A l’origine j’avais seulement l’intention d‘expérimenter avec des activités très simples, plus pour me rendre compte des difficultés d’enseigner tout en s’occupant des enfants et de la maison que parce que je pensais qu’il y avait un réel besoin. Mais vers Noël, Jude commençait à apprendre à déchiffrer tout seul, donc on a décidé de sauter le pas vers du plus formel. On a aussi remarqué que de lui faire utiliser ses petites cellules grises un peu plus intensément avait un effet merveilleux sur son comportement.

Comme vous le remarquerez dans les détails qui suivent (et comme je l’ai déjà mentionné ailleurs), Jude ADORE les cahiers d’activités, mais il a plus de mal avec les activités purement créatives – il a un côté très perfectionniste, donc il résiste souvent aux tâches « ouvertes ». Mon plan de départ incluait une espèce de vision chimérique de créations spontanées, suivant nos inspirations du moment (probablement avec des fleurs partout, des oiseaux qui chantent, et une maman qui n’émet rien d’autre qu’un rire cristallin quand son rejeton chéri met de la peinture partout en plein élan créatif). Comme il se trouve que la maman au rire cristallin, en fait, ce n’est pas moi, bizarrement, ça ne s’est pas passé comme ça. Après pas mal d’essais, on a fini par trouver un système qui fonctionne assez bien. On a donc deux « Temps » IEF dans la journée, Morning Time, plus informel, et LEALM (L’Ecole A La Maison) l’après-midi pour faire les choses un peu plus difficiles.



Ma vue depuis le canapé quand on fait Morning Time


Pour Morning Time, Gabriel participe, on allume des bougies (TRES important pour les garçons, les bougies) on lit la Bible et on prie. Ensuite on récite les poèmes qu’on a appris, on avance un (tout petit) peu sur celui qu’on est en train d’apprendre, puis on lit ceux qui nous amusent dans ce livre fabuleux (si quelqu’un a envie de créer un équivalent français, je suis preneuse). Enfin on lit autant de livres que possible. Parfois Jude nous lit un petit texte lui aussi, mais en général je ne force pas trop.

L’après-midi c’est juste Jude (Gabriel est soit en train de faire la sieste, soit de profiter du libre accès au petit train).

Au début de l’année, je ne pensais faire que de la préparation à l’écriture (méthode Dumont, ici, et ici), travailler un peu sur la compréhension des quantités (avec ça, un boulier et quelques ressources ad hoc) et faire quelques cahiers d’activités tous simples. Mais Jude s’est assez rapidement ennuyé donc on a cherché à approfondir. Ma cousine chérie (coucou Meige!) nous a conseillé la méthode Boscher (ici) et nous a même envoyé le livre, parce que c’est vraiment une cousine fantastique, et ça a très bien marché. On a presque fini le livre (je fais exprès de bien prendre mon temps) et donc maintenant on complète avec des petits livres pour lecteurs débutants que Jude est tout fier de lire tout seul (ceux-ci sont très bien faits, pour ceux que ça intéresse).


Au niveau de l’apprentissage de l’écriture, pour le moment je me concentre sur la motricité fine et la « gestion de l’espace graphique » (comme dit madame Dumont) mais Jude adore essayer de former des mots tout seul (il utilise souvent les phonèmes français pour retranscrire des mots anglais, ce qui donne des résultats assez fascinants). Mais là je le laisse entièrement faire et je n’interviens que pour déchiffrer ce qu’il me présente, tout fier (même si c’est souvent quand j’ai déjà Mathilde dans un bras et le déjeuner dans l’autre) et le féliciter.


Challenge déchiffrage! 
Au niveau mathématiques, on a d’abord fait un trop gros saut en passant des cahiers basiques et trop faciles à la méthode Singapour (ici). Si les opérations étaient très faisables, la partie langage (qui est cruciale dans cette méthode), dépassait complètement son niveau de maturité, donc on est revenus aux cahiers (celui-ci a été de loin le préféré, très bien fait et juste la bonne quantité de challenge). J’ai récemment trouvé un compromis entre les deux (ici) qui est prometteur.

Simon ajoute ses propres exercices quand il a le temps (pas très souvent, donc), ne serait-ce que pour que Jude soit aussi à l’aise avec les termes anglais et français.


En ce qui concerne le reste, nous aimerions beaucoup inclure un peu plus d’éveil musical, mais vu que le musicien de la famille est aussi un junior doctor surbooké, on n’a pas encore réussi à trouver un bon système.



Matmi est prête !


On apprend aussi des poèmes, en alternant un anglais et un français et en allant tout doucement (on en est seulement à notre quatrième de l’année) parce qu’il n’est jamais trop tôt pour se remplir la tête de mots fabuleux. Les garçons adorent monter sur la table pour les réciter (ou les chanter). Jusqu’ici nous avons fait :


  • The Friendly Cow – R.L. Stevenson
  • La Grenouille qui Voulait se Faire aussi Grosse que le Bœuf – J. de la Fontaine
  • I Wandered Lonely as a Cloud – W. Wordsworth
  • Acte 5 Scène 6, dernière tirade, Cyrano de Bergerac – E. Rostand



Sinon nous faisons partie d’un groupe chapelet pour les mamans/éveil à la foi pour les enfants (un groupe qui a donc besoin d’un nom plus simple) où nous organisons des activités (plus ou moins) hebdomadaires qui suivent l’année liturgique. Un autre de nos groupes reprend le concept des « Nature Walks » encouragées par Charlotte Mason avec d’autres familles IEF et encourage les enfants à s’intéresser à leur environnement. Et puis, comme tout le monde, ils coupent, collent, dessinent, colorient, font du vélo et se roulent dans la boue.

Et ils aident a la maison



Globalement, je suis contente de m’être lancée même si c’est un peu tôt et que certains jours je me demande pourquoi je fais déjà tout ça (la réponse? et bien en fait je ne suis pas la maman relax au rire cristallin et avec des fleurs dans les cheveux et que ça ne sert à rien de prétendre le contraire). Je ne sais pas si on fera la même chose pour Gabriel ou si on attendra plus longtemps, peut-être qu’il bénéficiera du fait que je saurai un peu plus à quoi m’attendre et que je serai du coup (quand même un peu) plus zen. On verra comment les choses évoluent et si il est demandeur.



Friday, 8 May 2015

Les 10 Meilleurs Livres pour Enfants (en français)

Évidemment, le processus a été scientifique et rigoureux. J’ai rassemblé des milliers de données (dans ma tête), des centaines d’avis (de moi), et enfin, la voici, la liste ultime, officielle et indiscutable :

Les 10 meilleurs livres pour enfants, en Français, de la Terre du Monde :


Par contre, les ranger par ordre de préférence, c’était trop dur, donc ils sont par ordre de comme ça me vient. Aussi, certains titres sont en fait des traductions, mais à moins qu'ils ne soient déja dans ma liste anglaise, je les ai laissés en français, parce que c'est comme ça que je les ai lus.

A.   Livres d’images





Petite pause pour chanter Tradéridéra Tralala c’est amusant d’être un ours qui se promène dans la campagne. Et puis aussi Tiens, grande bête de pot ! et puis Michka s’assit dans une des bottes et attendit le matin. Et maintenant petite pause pour se remettre.

Est-ce que vous aussi vous vous disiez que le brigand avec le poivre, il avait quand même l’arme la plus pourrie ? Non, que moi ?

Pomme, Flore, Alexandre et Isabelle. Pour ceux qui avait pas suivi tous les épisodes, je le répète, Babar et Céleste ont aussi une fille qui s’appelle Isabelle. Non mais!

La Famille Souris (Toute la série)
Oui, je sais, c’est de la triche de compter une série comme un seul livre, mais c’est MA liste, vous n’avez qu’à faire la vôtre.





Parce que Benjamin prenait tout dans son petit camion. Et que leur maison était quand même trop mignonne. Et que, quand je serai grande, j'aurai une famille toute pareille.

Comment retarder le coucher en 10 leçons. Est-ce que c’était vraiment une bonne idée de nous lire cette histoire Pounet et Mounette ?

Livre préféré de Banane, spéciale dédicace. Parce que tout ce dont on a besoin dans la vie, c’est Papa, Maman, son doudou, ses biscuits préférés, un grand lit et des meubles qui flottent derrière.

Et oui, grande sœur hors pair, je lisais les 120 noms des enfants au début du livre à Banane. Aussi, pleurer comme une madeleine !

La découvreuse de mondes. Et aussi, elle était si triste qu’elle se changea en larme.

Parce que c’est une vraie question existentielle.

Ernest et Célestine (toute la série)




Parce que moi j’aimais Ernest et Célestine AVANT le film. #hipster <= j’espère que vous avez tous bien lu dans votre tête « dièse-hipster » ? On est d’accord.

B.   Premiers Romans

L’Auberge de l’Ange Gardien/ Le Général Dourakine 
(ben quoi ? C’est la suite ! C’est presque le même livre !)




Un Bon Petit Diable




Bon, la couverture est limite glauque, mais bon... C'est l'intérieur qui compte!


Je vous entends râler d’ici, mais je me limite sur les Comtesse de Ségur, parce que, et Les Deux Nigauds ? Et Après la pluie le beau temps ?

La Belle Lisse Poire du Prince de Motordu




Ah, vous voyez! Je ne mets pas QUE du dix-neuvième siècle!

Le Petit Nicolas (toute la série)




Sans Famille




En même temps, on ne se refait pas, j’ai quand même beaucoup de dix-neuvième siècle, mais c’était l’âge d’or (avec garantie vérité universitaire) du livre pour enfant. Pourquoi prendre de l’âge de bronze si on a de l’âge d’or ? 

(je sais, je sais, c’est pas du Français, mais je vous ferais remarquer que j’en suis à 14 dans ma deuxième liste de 10, donc je suis pas à ça près)




Le Tour du Monde en 80 Jours




En version non-abrégée, parce que non, les enfants ne sont pas soudainement devenus stupides, mais si on ne leur donne même pas la possibilité de lire des livres plus difficiles, c’est sûr, aucune chance qu’ils y arrivent !

20 000 Lieues sous les mers




Et là aussi, vous ne vous rendez pas compte, je me suis retenue sur les Jules Verne ! Parce que Mathias Sandorf, Michel Strogoff, Cinq semaines en Ballon  et tout et tout étaient aussi possibles...

Tu as eu peur que je ne le mette pas, hein Pounet ?


Bon, bah ça nous fait donc une liste de dix avec trente-sept livres dedans. Bel effort, Isabelle ! Maintenant dites-moi ce que j’ai oublié !

Tuesday, 21 April 2015

Fancy a Brew? En VF

Due to popular demand (from my mum) some of the posts have been translated into French. They have no additional content, but feel free to practise your French!


À mon arrivée en Angleterre, j’ai eu la chance d’emménager dans une collocation avec des gens adorables (que je n’avais jamais rencontré auparavant, mais j’en reparlerai une autre fois). Ils m’ont présentée à leurs amis, m’emmenaient avec eux quand ils sortaient et ont organisé mon anniversaire (qui était pourtant juste après mon emménagement, quand ils me connaissaient à peine). En gros, ils ont fait tout ce qu’il était possible de faire pour qu’une étrangère isolée se sente bienvenue.



L’apprentissage à quand même été dur.

Je parlais anglais sans difficulté, donc la compréhension n’était pas un problème, mais certaines choses sont plus subtiles que leur sens dans le dictionnaire. (Enfin presque, j’ai quand même attendu plusieurs semaines avant de prendre mon courage à deux mains et de simplement DEMANDER à mon colloc ce qu’il criait en passant la porte à chaque fois qu’il rentrait – la réponse? « ‘ey up », « salut » en patois du Nord).



Le thé, par exemple, a posé un problème.


On sait très bien que les Britanniques aiment leur thé (même si on n’a en fait aucune idée à quel point, avant d’emménager avec certains d’entre eux). J’étais donc preparée à en boire beaucoup.

 Et, en effet, à chaque fois que je croisais quelqu’un dans la cuisine, ça ne ratait pas, on me proposait « un petit thé? » J’étais très touchée, parce que dans mon esprit de française, c’était l’équivalent de proposer « on se pose et on papote? » Je disais donc oui, et je me dépêchais de faire ce que j’étais descendue faire, puis je retournais dans la cuisine pour qu’on se boive ce thé.


Mais invariablement, je ne trouvais qu’un pauvre petit mug de thé abandonné, et pas de colloc.

Petit thé abandonné


Ça me surprenait un peu, et je m’inquiétais d’avoir commis un faux pas en osant partir 3 secondes après qu’on m’ait proposé un thé. J’ai donc essayé dans l’autre sens, pour voir si ça marchait mieux. Je leur proposais « un petit thé », mais eux aussi, ils acceptaient, partaient, revenaient, puis repartaient aussitôt, mug en main. Le mystère s’épaississait.



Au bout de quelques mois, j’ai enfin compris.

Pour la plupart des Britanniques, le thé est une necessité vitale. Ils leur en faut une dose à intervalles réguliers pendant la journée. Du coup, quand ils vous proposent « un petit thé ? », ils ne pensent pas à s’assoir et à discuter. Non, non, non! S’ils s’arrêtaient à chaque fois qu’ils prennent un thé, ils ne feraient rien de la journée ! Offrir un thé pour eux, c’est l’équivalent de proposer: « je monte le chauffage? » ou « tu es clairement en train de t’étouffer, tu veux que je te fasse la manœuvre de Heimlich, histoire que tu meures pas? »

Tout ce qu’ils font c’est s’assurer du bien-être commun. Ils sont prêts à vous aider à subvenir à vos besoins naturels, mais ils n’imaginent pas que vous ayez besoin d'aide pour le boire. Ce serait ridicule.

Ils pleureraient s’ils s’appercevaient de la quantité de thé que j’ai vidé dans l’évier avant de comprendre. 

Parce que, vous voyez, chers Anglais, pour moi le thé ne me viens en tête que dans un de ces deux cas :
  1. -      C’est l’heure du petit déjeuner
  2. -      Quelqu’un est arrivé chez moi, et il faut bien combler les premières minutes inconfortables avant que je trouve un sujet de conversation.


Après six ans, je n’ai toujours pas acquis le réflexe de me dire de temps en temps et sans raison appparente : “Ouuh, je sais ce qui me ferait du bien, là maintenant, tout de suite: une bonne tasse de thé fumante!”



Incompréhensible, je sais. Je suis désolée. C’est parce que je suis de l’Étranger.

le High Tea par contre... Miam miam miam